Après de longues et douloureuses minutes interminables, Ziva commence à sentir se relâcher enfin la pression des liens qui enserrent ses poignets. On lui a enseigné il y a longtemps au Mossad comment se libérer les mains mais ceux-là se sont révélés être particulièrement difficiles à défaire. Quelques instants plus tard, elle est enfin débarrassée de ses entraves. Ces poignets sont rouges et gonflés. Ziva les masse délicatement afin de rétablir la circulation sanguine dans tout son avant-bras. « Voilà une bonne chose de faite ! ». Son deuxième objectif est alors d’arrêter le flux de sang qui continue à s’écouler de sa jambe, là où son bourreau a planté son couteau. Elle enlève alors sa chemise et en déchire une manche afin de fabriquer un garrot de fortune qu’elle serre fort autour de sa cuisse. La brûlure est aiguë mais le flux de sang diminue progressivement. Elle sursaute alors en entendant résonner dans le couloir les cris de douleur d’un homme. « C’est certainement ce pauvre Joshua qui paye pour sa trahison. Tachons maintenant d’essayer de sortir de ce cauchemar. » Elle a beau palper chaque recoin de mur et de sol, aucune zone n’est friable. De même, la fenêtre est beaucoup trop petite pour tenter de s’y glisser. Elle est réellement prise au piège, sans espoir de fuite. Il ne lui reste alors qu’une chose à faire : essayer de dormir un peu. Cela lui évitera de penser à la faim qui la tenaille et lui brûle l’estomac. Elle s’allonge sur le béton de sa cellule, les mains sous la tête et ferme les yeux. Malgré toute l’agitation qui règne dans le couloir, le sommeil la gagne rapidement. La peur, les coups, le manque d’eau et de nourriture pendant ses longues heures l’ont exténuée.
Pendant ce temps-là aux bureaux du NCIS, Gibbs s’est rendu dans le labo d’Abby pour voir où en sont les recherches de la jeune femme et de Mc Gee.
Gibbs : Du nouveau Abby ?
Abby : Gibbs ! Je ne t’avais même pas entendu arriver ! Un vrai sioux !
Gibbs : Aujourd’hui Abby !
Abby : Oui, pardon. Alors, à partir du numéro qui était affiché sur ton portable, on a pu identifier la personne à qui appartient cette ligne téléphonique.
Gibbs : Qui est-ce ?
Abby : Et bien, elle appartient à l’agence du Mossad elle-même. Aucun nom n’est ressorti de nos recherches.
Gibbs : C’est pas vrai !
Abby : Attends Gibbs ! Ce n’est pas tout ! Dis-lui Mc Gee.
Tim : Oui, alors on a aussi constaté que le GPS qui est relié à ce portable ne répond plus, comme si…
Gibbs : Comme si le portable avait été détruit !
Abby : Exactement !
Gibbs : Ce qui voudrait dire que mes soupçons ont l’air d’être fondés ! Continuez vos recherches tous les deux !
Gibbs s’approche d’Abby et lui fait un bisou sur le front.
Gibbs : Beau travail Abby ! On va finir par la retrouver.
Abby affiche sur son visage un grand sourire de satisfaction pendant que Gibbs s’éloigne. Elle regarde Mc Gee.
Abby : Tu veux un bisou toi aussi Mc Gee ?
Elle se penche vers Tim et lui fait un bisou sur la joue. Il lui sourit.
Gibbs a rejoint son bureau où Tony l’attend.
Gibbs : Du nouveau Dinozzo ?
Tony (soupir) : Malheureusement rien Patron. J’ai contacté tous les hôpitaux de Tel Aviv et des environs en leur faxant le signalement de Ziva. Quatre d’entre eux m’ont répondu négativement. J’attends la réponse des deux autres. J’ai procédé de la même façon pour les postes de police locaux. Aucune nouvelle de Ziva.
Gibbs : OK. Continue tes recherches.
Tony : Je vais contacter l’aéroport de Tel Aviv pour savoir si Ziva a bien atterri à l’heure prévue.
Gibbs répond en partant en direction du bureau de Shepard.
Gibbs : Bonne idée Dinozzo !
Tony rejoint tristement son bureau et saisit son téléphone.
Gibbs entre dans le bureau de Shepard sans frapper.
Gibbs : J’ai besoin de toi, Jenny. Il me faut l’autorisation d’ouvrir une vidéo-conférence avec le directeur du Mossad.
Jenny : Tu veux dire le père de Ziva ?
Gibbs : Tu connais plusieurs directeurs du Mossad toi ?
Jenny : Ca va Jethro ne commence pas à devenir désagréable ! Ce n’est pas de ma faute ce qui arrive à Ziva !
Gibbs : Excuse-moi Jenny, je suis un peu sur les nerfs.
Jenny : Je comprends, ne t’en fais pas. Je t’autorise à faire cette vidéo-conférence à une seule condition.
Gibbs : Laquelle ?
Jenny : Que tu gardes ton calme et que tu restes courtois avec lui. Tu sais que…
Gibbs : … nos relations ne sont pas très bonnes avec le Mossad depuis que Ziva a tué plusieurs de leurs agents, oui je sais ça Jenny ! J’essaierai de faire un effort.
Jenny : Bon. Je contacte le MTAC pour informer le directeur du Mossad. Ca peut prendre plusieurs minutes.
Gibbs sort du bureau alors que Jenny n’a pas fini sa phrase.
Gibbs : Alors dis-leur de se dépêcher !
Quelques minutes plus tard, dans la salle du MTAC, Gibbs attend, planté devant l’écran géant qui sert aux vidéo-conférences. Le directeur du Mossad le fait attendre. Shepard le rejoint, deux cafés à la main. Elle en tend un à Gibbs.
Jenny : Tiens Jethro. Peut-être qu’un café t’aidera à te détendre.
Gibbs se tourne vers elle et lui sourit en la remerciant. L’attente leur paraît interminable. Leur inquiétude ne fait qu’augmenter. Gibbs commence à perdre patience et tourne en rond, son café à la main. Jenny craint l’entrevue qui va se dérouler. Elle sait par expérience qu’il n’est pas bon de faire attendre Gibbs, surtout quand celui-ci est inquiet pour un membre de son équipe. Elle se souvient l’avoir vu sur le point de frapper un médecin dans un hôpital de l’ex République tchèque lorsque celui-ci refusait de lui dire comment allait Jenny qui était alors sa partenaire et qui venait d’être blessée lors d’une mission sous couvertures.
Enfin le père de Ziva apparaît à l’écran. C’est un homme grand, mince et à l’air méprisant. Gibbs et Shepard se disent que sa tête n’inspire pas confiance.
M. David : Que me voulez-vous ?
Gibbs : Je suis l’agent spécial Jethro Gibbs du NCIS, Monsieur, et voici le directeur de l’agence Madame Shepard.
M. David : Dois-je reposer ma question agent Gibbs !
Gibbs : Non, Monsieur, ce ne sera pas nécessaire. Savez-vous où se trouve votre fille Ziva ?
M. David : Pourquoi cette question ?
Gibbs : Elle a quitté le NCIS ce matin pour l’Israël, comme vous le savez sans doute. Elle a tenté de m’appeler tout à l’heure mais la communication a coupé avant que je sache la raison de son appel.
M. David : Ca ne devait pas être très important !
Gibbs : Permettez-moi d’en douter, Monsieur. Cela ne ressemble pas à votre fille d’appeler sans raison à des milliers de kilomètres de distance. Savez-vous pourquoi elle a tenté de me joindre ?
M. David : Je n’en sais rien agent Gibbs ! ! !
Jenny : Serait-il possible de lui parler, Monsieur.
M. David : Pourquoi cela ? ? ?
Jenny : Simplement pour s’assurer qu’il n’y a pas de problème et pour connaître la raison de son appel.
M. David : Ma fille n’est pas disponible pour le moment. Elle est au chevet de sa mère et ne souhaite pas être dérangée.
Gibbs : Elle est donc à Tel Aviv, c’est bien ça ?
M. David : Oui, tout à fait. Où voudriez-vous qu’elle soit ? Autre chose ?
Gibbs : Non, Monsieur, ce sera tout. Merci de nous avoir consacré un peu de votre précieux temps. J’espère que la santé de votre épouse s’améliorera.
Le père de Ziva quitte la pièce après un petit geste de la main en direction de Shepard et Gibbs. La vidéo-conférence s’arrête.
Gibbs : J’ai la conviction que cet homme nous ment, Jenny.
Jenny : J’ai la même impression. Mais il nous faut plus que des impressions pour tenter quelque chose tu le sais Jethro.
Ils quittent tous les deux le MTAC. Abby, Tim et Tony attendent Gibbs au bureau de Tony.
Gibbs : Du nouveau vous trois ?
Abby (en faisant une grimace) : Non, malheureusement. Je suis désolée Gibbs.
Gibbs : Et toi Dinozzo ?
Tony : Ziva est bien arrivée à l’aéroport à l’heure prévue. Aucun hôpital et aucun poste de police ne l’ont vue.
Gibbs tape rageusement du poing sur le bureau.
Gibbs : Bon sang ! ! ! Abby, Mc Gee vous allez me localiser le portable de Ziva.
Abby : Ah oui, c’est vrai ! Pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt !
Gibbs : Tout de suite Abby ! ! !
Abby et Tim foncent en courant vers l’ascenseur.
Gibbs : Dinozzo, réserve deux billets sur le prochain vol à destination de Tel Aviv et rentre chez toi faire tes valises.
Tony : Tout de suite, Patron !
Jenny arrive alors derrière Jethro.
Jenny : Attendez Dinozzo !
Tony raccroche le téléphone et regarde Gibbs d’un air interrogateur.
Gibbs : Tu as entendu ce type tout comme moi, Jenny ! Il ment c’est évident !
Jenny : Oui, mais seul Dinozzo part. Cela paraîtrait trop louche de voir débarquer deux agents du NCIS en Israël. Je ne tiens pas à éveiller les soupçons des agents du Mossad. De plus, Dinozzo se fondra beaucoup mieux dans la masse que toi ! Il partira en simple touriste mais je vais lui signer une dérogation pour qu’il puisse emmener son arme avec lui.
Gibbs : Tu as entendu le directeur Dinozzo ?
Tony : Oui, Patron.
Tony décroche alors le combiné et compose le numéro de l’aéroport de Washington.
Quelques minutes plus tard, Abby et Tim débarquent en courant dans les bureaux.
Abby (essoufflée) : Gibbs ! On a pu localiser le portable de Ziva. Il est dans le désert d’Haluza au sud de Tel Aviv.
Gibbs : J’avais raison ! Cette ordure nous a menti en disant que Ziva était à Tel Aviv ! Beau travail vous deux ! Abby, tente d’avoir une image satellite du lieu où se trouve le portable de Ziva.
Abby et Tim repartent en courant vers l’ascenseur.
Tony : Mon vol part dans une heure et demi, Patron.
Gibbs : Bon. Je te conduis chez toi pour que tu prennes tes affaires et je te déposerai ensuite à l’aéroport.
Jenny : Attendez ! (Elle arrive en courant vers Tony et Gibbs) Tenez Dinozzo votre dérogation. Vous n’aurez qu’à la montrer ainsi que votre plaque à chaque barrage douanier.
Tony (en prenant le papier) Merci, Madame.
Gibbs et Tony se dirigent vers l’ascenseur. Shepard les regarde s’éloigner. Elle est très inquiète…