En sortant de l’ascenseur, Gibbs se rend encore une fois dans le bureau de la directrice, plus confiant que jamais « Mon bon vieil instinct ne m’a jamais trahi. ».
Gibbs : Nous avons désormais la preuve formelle de ce à quoi nous pensions, Jenny. Abby vient de me montrer l’image satellite qui indique où se trouve le portable de Ziva et il s’agit d’une sorte de camp de détention pour les prisonniers du Mossad.
La directrice se lève brusquement de son fauteuil de bureau, affolée.
Jenny : Tu crois que Ziva est…
Gibbs : Non, pas pour l’instant mais ça ne saurait tarder. Ce genre de brutes n’a pas pour habitude de garder un ennemi vivant très longtemps. Tu es prête maintenant à contacter les autorités israéliennes ?
Jenny : Bien sûr ! J’appelle le MTAC tout de suite pour avoir une conversation par téléphone avec l’un des membres du gouvernement.
Gibbs : Très bien. En attendant je vais…
Gibbs n’a pas le temps de finir sa phrase car son portable se met à sonner. Le nom de Tony s’affiche sur l’écran. « Les grands esprits se rencontrent ! »
Gibbs : Oui Dinozzo. Tu es arrivé ça y est ?
Tony : Oui, Patron. Il fait une chaleur étouffante ici !
Gibbs : Tu me parleras de la météo plus tard Dinozzo !
Tony : Pardon Patron.
Gibbs : Tu n’a pas eu de problèmes aux contrôles douaniers ?
Tony : Non, pas le moindre.
Gibbs : Bon.
Tony : Des nouvelles de Ziva ?
Gibbs : L’alerte est déclenchée. Elle est retenue prisonnière dans le désert d’Haluza au sud de Tel Aviv.
Tony : Son père je suppose.
Gibbs : Oui. Ecoute-moi attentivement Tony. Pour l’instant ne fais rien de stupide ! Comme tout bon touriste tu vas aller louer une chambre d’hôtel au plus près d’un poste de police. Une fois que ce sera fait, restes-y ! Il ne manquerait plus que tu te fasses enlevé ! Tu attends mes instructions une fois que la directrice aura contacté le gouvernement israélien. Tu as bien compris ?
Tony : Oui Patron. Très bien. A plus tard.
Tony raccroche. « Elle est là, pas loin d’ici et moi je suis là à jouer les touristes ! C’est pire que tout ! Mais si Gibbs le dit, j’attendrai. C’est vraiment l’horreur ! Et en plus je parle pas hébreux moi ! J’espère qu’ils comprennent l’anglais ici ! »
Pendant ce temps-là, à quelques dizaines de kilomètres de l’endroit où se trouve Tony, Ziva tourne en rond comme un lion en cage. L’agitation règne dans le couloir, elle l’entend nettement. Les bruits de pas sont plus nombreux que d’habitude. Les cris se sont tus. « Joshua doit être mort à l’heure qu’il est. C’est mon tour maintenant. » Les pensées se bousculent dans sa tête, mêlées à l’angoisse de voir sa dernière heure arriver dans ces conditions. Elle aurait préféré tomber aux côtés de ses collègues du NCIS dans quelques années plutôt que de finir ainsi, exécutée par ses porcs qui sentent la transpiration et le sang. Comme si l’un d’entre eux avait entendu ses pensées, la porte de sa cellule s’ouvre sur un gros homme poilu, en sueur, mal rasé. Un sourire sadique illumine son visage et montre ses grosses dents noirâtres. Il entre les mains vides mais leur taille semble suffire à venir à bout de n’importe quelle bête sauvage.
L’homme : Alors c’est toi la petite traînée qui a tué notre cher Ari, hein ? Isham s’excuse de ne pas être venu lui-même mais ton pote Joshua a résisté plus longtemps que prévu alors c’est moi qui le remplace en attendant qu’il se soit reposé ! Personne pensait qu’il tiendrait si longtemps le coup ce petit fumier de traître !
Il s’avance vers Ziva, les mains tendues en avant. Pendant près d’une demi-heure il ne va cesser de la rouer de coups à la tête, dans les côtes, dans le dos. Ziva semble être une vraie poupée de chiffon dans les griffes de ce monstre. Elle préfère le laisser faire sans résister, pour ne pas exciter sa haine et elle reste le plus silencieuse possible pour ne pas lui donner la satisfaction de l’entendre gémir. A la fin de cette demi-heure qui lui a paru interminable et au bout de laquelle elle pensait mourir, l’homme sort de la cellule en émettant des grognements de contentement, la laissant inconsciente, couverte de sang, meurtrie au plus profond de sa chair. Elle respire à peine, tremble de tout son être.
Au même moment dans les locaux du NCIS, une partie de l’équipe, à savoir Gibbs, Mc Gee et Abby, est réunie dans le labo. Gibbs les informe que la directrice a réussi à convaincre les autorités israéliennes de fournir à Tony un groupe de policiers armés qu’il commandera et qu’il mènera jusqu’au repère où Ziva est détenue.
Abby : Nous n’avons pas chômé non plus, Gibbs. Mc Gee et moi sommes parvenus à trouver le moyen de déclencher à distance l’alarme incendie du bâtiment où Ziva se trouve. Explique-lui Mc Gee.
Tim (devant l’écran géant qui affiche une reconstitution) : Oui, cela ne consiste qu’en une manipulation d’une dizaine de minutes avant que l’alarme ne se déclenche. Ça laissera assez de temps à Tony pour déployer ses hommes derrière cette dune-là, à l’abri du regard des gardes. Une fois l’alarme déclenchée, ceux-ci s’amasseront dans cette cour là derrière. Il ne restera alors plus qu’aux policiers à encercler cette cour afin d’immobiliser les gardes pendant que Tony ira délivrer Ziva. Si tout se passe bien, personne ne devrait être blessé ou tué.
Gibbs : Sauf si les hommes du Mossad sont prêts à tout pour que Ziva ne sorte pas de ce bâtiment…
Abby : Ne sois pas pessimiste Gibbs ! Tout va très bien se passer ! Crois-en mon flair infaillible !
Elle sourit à Gibbs qui la remercie en lui faisant une bise sur le front. Il met également une petite tape sur l’épaule de Mc Gee avant de partir.
Gibbs (en s’éloignant) : Je vous donnerai le signal pour déclencher l’alarme Mc Gee.
En partant, Gibbs appelle Tony.
Tony : Oui, Patron ?
Gibbs : Tout est prêt Dinozzo. Tu vas te rendre au poste de police près de ton hôtel. Le chef de la police va te confier le commandement d’un groupe armé. L’un des hommes parle notre langue et traduira tes instructions.
Tony : OK. Explique-moi la manœuvre.
Gibbs : Tu vas te rendre dans le désert d’Haluza. Les policiers savent où se trouve le bâtiment où Ziva est retenue prisonnière. Ils en connaissent aussi la configuration. Vous allez vous tenir prêts à donner l’assaut derrière une grande dune de sable qui se trouve à l’ouest du baraquement. Quand tu entendras l’alarme retentir, tu lances tes hommes sur la cour située au nord-est dans le but de l’encercler. C’est là que les gardes se rendent lors des alertes incendie. Une fois les hommes maîtrisés tu fonces à l’intérieur avec 2 ou 3 hommes pour trouver Ziva. Fais attention qu’il ne reste aucun garde armé !
Tony : OK. C’est bon. J’y vais tout de suite Patron.
Gibbs : Soit prudent Dinozzo !
Tony : Je veux seulement retrouver Ziva vivante.
Quelques heures plus tard, en plein après-midi, sous une chaleur étouffante, Tony et la troupe de policiers attendent le signal pour passer à l’assaut, cachés derrière la dune de sable. Tony est en ligne avec Gibbs qui se trouve dans le labo où Abby et Mc Gee s’affairent sur leurs ordinateurs. La tension est palpable des deux côtés.
Abby : Ca y est presque Gibbs.
Gibbs : Tiens-toi prêt Dinozzo.
Tim : C’est bon !
En effet, l’alarme retentit dans le bâtiment. Les policiers courent en tachant de rester discrets. Ils foncent vers la cour à ciel ouvert où les soldats se sont regroupés, surpris de cet événement imprévu, l’œil hagard d’hommes qui ont été brusquement réveillés de leur sieste. Pendant ce temps, Tony et deux autres policiers se précipitent à l’intérieur. Ils s’immobilisent soudain quand des coups de feu retentissent dehors. Deux gardes accourent vers Tony. Les policiers et lui ouvrent le feu. Les gardes s’effondrent. Tony reprend ses recherches en regardant dans toutes les cellules. Ziva reste introuvable pour le moment. Tony leur fait signe de se séparer. Il continue seul dans un couloir. Les coups de feu au dehors ont cessé. Tony n’entend plus aucun bruit à part celui de ses pas sur le sol bétonné et celui de son cœur qui résonne dans ses tempes. Soudain, au détour d’un couloir, il aperçoit un homme debout devant une cellule. Il s’avance en le tenant en joug. L’homme ouvre le feu en découvrant Tony. Celui-ci réplique. Le garde s’écroule. En avançant vers la porte que l’homme surveillait, Tony se rend compte que son épaule le fait souffrir. Il constate qu’il est blessé, le sang s’écoule sur son bras. « Ca attendra. » Il pousse la porte de la cellule et aperçoit Ziva, allongée. Il se précipite vers elle et la retourne pour la regarder. Son visage est méconnaissable à cause des coups qu’elle a reçus.
Tony : Ziva, tu m’entends ?
Il lui caresse la joue délicatement. Elle tressaille et entrouvre les yeux.
Ziva : C’est toi Tony ?
Tony : Oui. Tout est fini maintenant. Je vais te sortir de là.
Elle lui sourit puis s’évanouit à nouveau. Il la prend dans ses bras. A la porte de la cellule, plusieurs policiers l’attendent pour l’escorter. L’un d’eux lui indique que deux gardes du Mossad sont morts et qu’un policier est blessé. Ils sortent tous et rejoignent les fourgons de police. Ziva est toujours inconsciente dans les bras de Tony. En la regardant il constate qu’elle a de nombreuses blessures importantes. Il parvient à lui glisser quelques gorgées d’eau dans la bouche puis l’allonge à côté de lui. Il téléphone ensuite à Gibbs.
Tony : C’est bon, je l’ai trouvée.
Gibbs : Beau travail Dinozzo ! Dans quel état est-elle ?
Tony : Elle est très faible et salement amochée. Nous rentrons sur Tel Aviv pour l’emmener à l’hôpital.
Gibbs : OK. Et les hommes ?
Tony : Deux gardes ont été tués, un policier légèrement blessé à la cuisse.
Gibbs : Et toi ?
Tony se rappelle alors que son épaule a été touchée. La joie et le soulagement de retrouver Ziva vivante le lui avaient fait oublié.
Tony : J’ai été touché à l’épaule. Je ferai soigner ça là-bas aussi.
Gibbs : D’accord. Prenez bien soin de vous. Tiens-moi au courant.
Tony : Ca marche ! A plus tard Gibbs !
