« Agent fédéral, baissez vos armes ! »
La seule réponse que l’agent spécial Anthony Dinozzo reçut fut une série de tirs dans sa direction de la part de la bande de trafiquants d’armes que lui et le reste de l’équipe de Gibbs traquaient depuis des semaines. Il eut le temps de se jeter derrière l’une des nombreuses caisses que contenait l’entrepôt. Il entendit les balles siffler autour de lui. D’autres finirent leur course dans la caisse qui lui servait de protection.
Quand les agents spéciaux Gibbs, Mc Gee et David, restés à l’extérieur du bâtiment, entendirent la fusillade éclater, ils dégainèrent et coururent en direction du vacarme. Ils se mirent à couvert derrière la porte entrouverte de l’entrepôt, par laquelle Tony s’était glissé quelques minutes plus tôt. Ils ne pouvaient pas l’apercevoir de là où ils se tenaient.
Gibbs : Les trafiquants ne devaient pas être là normalement ! Pourvu que Dinozzo ait eu le temps de se planquer avant que ces malades ne lui tirent dessus !
Au bout de quelques minutes, la fusillade cessa. Les agents restaient tendus, en alerte. On entendit au loin le bruit d’un véhicule qui démarrait en trombes.
Gibbs : Ziva, va voir dans l’entrepôt si tu aperçois Tony. Soit prudente. Il se peut que certains des trafiquants soient restés sur place. Mc Gee et moi on va faire le tour par l’autre côté pour essayer de stopper le véhicule.
Ziva : D’accord.
Chacun s’élança dans la direction qui lui avait été indiquée, l’arme à la main. Ziva entra le plus discrètement possible dans l’entrepôt et amorça un repérage des lieux pour essayer de retrouver son coéquipier. Plus les minutes passaient et plus elle s’inquiétait. La fusillade avait vraiment été d’une grande intensité et Tony était seul face aux nombreux hommes armés. Le bâtiment semblait désert. Pas un bruit, pas un mouvement. Enfin, elle l’aperçut. Il était allongé derrière une caisse. Elle courut vers Tony et s’agenouilla près de lui.
Ziva : Tony, est-ce que tu m’entends ?
Elle lui tapota la joue mais en vain. Elle se pencha vers lui et constata que sa respiration était faible. Elle prit son téléphone et composa un numéro.
Ziva : Gibbs, c’est Ziva. Je viens de trouver Tony. Il est inconscient, il respire difficilement.
Gibbs : Reste avec lui, j’appelle une ambulance. Essaye de le réanimer si tu peux.
Ziva : D’accord.
Ziva remit son portable dans sa poche. Elle se concentra pour essayer de se souvenir des gestes de premier secours qu’elle et son équipe avaient appris lors d’une formation de deux jours il y a peu. Elle plaça Tony dans la position adéquate, déboutonna le haut de sa chemise et commença un massage cardiaque. Le premier bouche à bouche ne donna rien. Elle soupira en constatant que rien ne se passait. Elle recommença et là elle sentit la main de Tony se glisser derrière sa tête pour l’attirer à lui et la langue de Tony entrer dans sa bouche. Elle le repoussa brusquement et le gifla.
Ziva : T’es vraiment qu’un sale pervers Tony !
Tony : Ben quoi ! L’occasion était trop belle non ?
Elle lui mit une bourrade dans les côtes.
Tony : Eh ! Ca fait mal ça !
Ziva : Ca t’amuse hein ? J’ai cru que tu étais touché !
Tony (avec un grand sourire) : La seule chose qui m’a touché c’est toi là !
Ziva : Tu ne grandiras donc jamais !
Tony : Ca va c’était pour rigoler ! Je suis sûr que tu aurais fait pareil à ma place !
Elle le regarda l’air de dire « ça m’étonnerait beaucoup » et s’éloigna. Elle était vraiment très énervée et contrariée parce qu’il venait de se produire. Elle marchait rageusement vers la porte de l’entrepôt quand elle croisa Gibbs.
Gibbs : Où est Dinozzo ? Je t’avais dit de rester avec lui !
Ziva : Il va très bien ne vous en faites pas !
Puis elle sortit, toujours aussi en colère, le rouge aux joues.
Gibbs rejoignit Tony.
Gibbs : Qu’est-ce qui s’est passé Dinozzo ? Qu’est-ce que tu as encore fait ?
Tony (avec un grand sourire satisfait) : Rien du tout Patron ! Elle doit avoir ses règles !
Gibbs lui administra une tape derrière la tête dont il a le secret et sortit à son tour de l’entrepôt.
Tony : Qu’est-ce qu’ils ont tous aujourd’hui ? Ils ont perdu le sens de l’humour ou quoi !
Durant les deux jours qui suivirent cet « incident », l’ambiance fut quelque peu tendue à l’agence. Ziva ne parlait plus à Tony à cause de ce qui s’était passé. Par frustration, celui-ci se défoulait sur le pauvre Mc Gee qui, au bout d’un moment, avait préféré se réfugier dans le labo d’Abby. Gibbs avait eu beau dire à Tony d’arrêter, celui-ci n’en avait fait qu’à sa tête et avait continué à charrier Tim.
Le lendemain matin, voyant que la situation au sein de son équipe ne s’améliorait toujours pas, Gibbs décida de prendre les choses en main. Dès que Tony fut arrivé au bureau, en dernier comme d’habitude, Gibbs se leva et se plaça entre les bureaux de Tony et Ziva.
Gibbs : Vous deux, dans l’ascenseur tout de suite !
Ils s’exécutèrent. Une fois qu’ils furent tous les trois à l’intérieur, Gibbs abaissa la manette et l’ascenseur s’arrêta et s’éteignit.
Gibbs : Est-ce que vous allez finir par me dire ce qui cloche vous deux !
Ziva : Vous n’avez qu’à le demander à Tony, il se fera une joie de vous le dire.
Gibbs se tourna vers Tony.
Gibbs : Alors Dinozzo ? Je t’écoute.
Tony : Je vois pas de quoi elle veut parler Patron.
Il reçut une tape derrière la tête.
Gibbs : J’en ai interrogé de plus coriaces que toi Dinozzo alors ne nous fait pas perdre notre temps et crache le morceau !
Tony : Bon, d’accord ! L’autre jour à l’entrepôt j’ai fait semblant d’être inconscient quand j’ai aperçu Ziva et quand elle m’a fait du bouche à bouche je l’ai embrassée.
Gibbs (furieux) : Et tu trouves ça amusant, espèce de débile ! ! !
Tony (tout penaud) : Ben sur le coup oui c’était marrant mais là c’est tout de suite moins drôle.
Gibbs : Fais tes excuses à Ziva immédiatement !
Tony (se tournant vers Ziva) : Je m’excuse Ziva. C’était stupide. Je ne recommencerai plus.
Ziva (satisfaite) : Merci Tony. J’apprécie ton sursaut de maturation !
Tony : On dit maturité Ziva !
Ziva : C’est presque pareil !
Gibbs se tourna vers Ziva et lui mit une tape derrière la tête.
Ziva : Eh ! C’est pas de ma faute si votre langue est si compliquée ! Et puis je suis la victime dans cette histoire Gibbs !
Gibbs : Est-ce que tu trouves ça adulte de faire la tête à ton coéquipier comme ça ?
Ziva (confuse) : Non, pas vraiment.
Gibbs : La prochaine fois que cet abruti t’embête tu me le dis, d’accord ?
Ziva : Compris.
Gibbs : Ne reste pas comme ça sans rien dire car en cas de conflit ça peut avoir des conséquences sur votre travail d’équipe. D’ailleurs…
Il réactiva l’ascenseur, la lumière se ralluma et les portes se rouvrirent. Il leur fit signe de le suivre. Arrivés au bureau de Gibbs, celui-ci fouilla dans l’un des tiroirs et en sortit une brochure. Il la mit dans les mains de Ziva qui la feuilleta. Son visage prit une expression d’indignation.
Ziva : C’est une blague j’espère Gibbs !
Gibbs : Tu veux vraiment une réponse ?
Tony : Je peux savoir de quoi on parle là !
Ziva tendit la brochure à Tony qui la feuilleta à son tour. Il fit un grand sourire.
Tony : Chouette ! On part en vacances !
Ziva : Et voilà que tu recommences !
Tony : A quoi ?
Ziva : A te conduire en gamin, Tony ! Ca n’a rien de vacances !
Tony : Ben des vacances actives quoi !
Ziva : Dans mon esprit les mots Tony et vacances sont incompatibles !
Tony : Ah ah très drôle Ziva ! Tu vois que tu as de l’humour quand tu veux !
Elle lui mit un coup de poing dans l’épaule.
Gibbs : Ca suffit tous les deux ! Ce stage commando vous fera le plus grand bien !
Ziva : Est-ce que Mc Gee vient aussi avec nous ?
Gibbs : Non, les problèmes conflictuels sont entre vous deux. Vous aurez une semaine de mise à l’épreuve. Ca faisait un moment que j’hésitais à vous inscrire mais là je suis fixé ! Vous partez lundi prochain, à la première heure. Comme vous avez pu le lire, ce stage est encadré par des Marines.
Ziva : En quoi consiste-t-il ?
Gibbs : Vous partez du camp avec un ordre de mission et vous êtes lâchés vous et les autres groupes à différents points de la montagne avec une carte et une boussole. A vous de vous repérer pour trouver votre campement, votre nourriture et les indices qui vous mèneront à votre cible.
Tony : C’est cool ! On dirait Koh Lanta version montagne !
Gibbs : Tony, ça n’a rien d’un jeu crois-moi !
Ziva : Vous avez déjà fait ce stage ?
Gibbs : Oui, avec la directrice il y a quelques années. On se chamaillait comme vous et ça a failli nous coûter la vie lors d’une mission. Tom Morrow nous a donc envoyé dans ce genre de stage commando.
Ziva : Et ça a fonctionné ?
Gibbs (souriant) : Plutôt bien, oui.
Ziva et Tony se regardèrent en souriant, d’un air entendu.
Gibbs : Pourquoi vous souriez comme ça ? Allez au boulot ! Je passe un coup de fil pour votre inscription sur-le-champ.
Tony et Ziva regagnèrent leur bureau.
Ziva (à elle-même) : Et bien ça ne va pas être une partie de repos ce stage de survie avec Tony.
Et elle ne croyait pas si bien dire…
